Gimp – Gestion de la couleur

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Niveau alchimiste
En tant que logiciel de retouche, Gimp intervient entre la création du visuel brut et sa publication sur le support final. Le respect des profils colorimétriques y est donc indispensable.
Gimp 2.4-RC3 sous Ubuntu Gutsy Gibbon


Nota: cet article est à mettre en parallèle avec la gestion des couleurs dans Inkscape et Scribus.

ÉTAPE 1
Les indispensables

Il faut bien séparer les espaces colorimétriques selon leur support final. Des images bitmap destinées à rester sur un écran (video, web) ne doivent pas être traîtées comme des images à imprimer.

L’espace de l’écran:
Il est composé des trois couleurs rouge, vert et bleu (RVB ou RGB) qui fonctionnent sur le principe de la synthèse additive. Leur gamut est étendu grâce aux millions de couleur qu’il est possible d’afficher sur un écran. Les profils les plus courants sont les profils:

L’espace physique: Celui-ci se compose de quatre encres cyan, magenta, jaune et noir (CMJN ou CMYK) qui se complètent sur le schéma de la synthèse soustractive. Leur gamut est beaucoup plus restreint que l’espace RVB, car les impératifs de points et autres linéatures de trame n’autorisent pas autant de nuances qu’un écran. Ce qui apparaît sur votre moniteur n’est pas toujours imprimable!
D’où l’importance de simuler, sur écran, l’espace colorimétrique de sortie, grâce aux profils CMJN, dont les plus courants sont:

* coated fait référence à du papier couché. Il est d’usage d’indiquer, notamment s’agissant de tons directs, si la nuance utilisée est destinée ou non à du papier couché, pour sa correspondance avec le profil. Il existe des déclinaisons de tons directs (notamment chez Pantone) telles que: C (coated), U (uncoated), CV (computer video), CVC (computer video coated paper – la simulation Pantone la plus efficace), CVU (computer video uncoated paper), CVP (computer video, process color), CVS (computer video, SWOP-standard).

Ci-dessus: étapes d’une représentation animée et dans un espace 3D d’un gamut de profil par le logiciel ICC Examin.

ÉTAPE 2
Calibrage et profils

La chaîne ghraphique se décompose en trois étapes principales:
1-L’amont, terme généraliste qui regroupe les activités liées à la création du produit, et implique divers processus:

2-Le prépresse, phase qui met à contribution les compétences créatives et techniques des intervenants afin de préparer les fichiers numériques pour le support final. La difficulté de cette étape est de faire correspondre l’aperçu à l’écran et l’impression.

3-L’impression, étape terminale de la chaîne graphique, qui se charge de traduire les données numériques en supports physiques.
Chacune de ces étapes nécessite une gestion des profils.

Les périphériques d’acquisition ont un rendu couleur qui tient compte de nombreux paramètres, des pièces qui les composent au montage final, ce qui fait que d’un numéro de série à l’autre le rendu peut être différent. Donc avant de débuter vos travaux, vous pouvez calibrer (kits et logiciels de création de profils) ou faire calibrer (des professionnels de la création de profils existent) vos périphériques pour vous éviter une retouche fastidieuse à l’étape prépresse.

L’écran est le périphérique intermédiaire, l’outil par définition de l’intervenant du prépresse qui va faire le lien entre les périphériques d’acquisition et le support final. Une prise en main minimale est donc indispensable. Si vous n’avez pas de sonde, il existe des solutions pour calibrer vos écrans à vue et vous permettre de créer votre propre profil moniteur. A noter que rien ne remplace un calibrage effectué à la sonde.

Il y a deux questions essentielles à se poser lorsqu’on entreprend le calibrage de son écran:

1-Gamma 1.8 ou 2.2?
Le terme de gamma fait référence à la formule mathématique suivante:
signal de sortie = signal d’entrée puissance gamma, où gamma représente la puissance permettant le rapport entre les deux signaux.
Les préférences du gamma sont ouvertes à débat, ce qui tend à démontrer que chacun fait selon son confort de travail ou sa position dans la chaîne graphique, sans pour autant perdre de vue la nécessité de savoir, le cas échéant, s’adapter.

2-Ecran LCD ou CRT?
Le LCD a remplacé, dans de nombreux bureaux, ces bons vieux CRT à tube cathodique: plus de scintillements, plus de convexité, gain de place… Autant d’atouts qui font de l’écran plat le compagnon idéal du graphiste qui passe sa journée sur son écran. Et pourtant…