Scribus et GSView – Préparer un fichier PDF pour l’impression


NIVEAU ALCHIMISTE
Pour créer un fichier PDF qui réponde aux critères de qualité propres à l’impression, les intervenants de la chaîne graphique recommandent de créer ce fichier à partir de sa description Postscript.
En voici le B-A BA avec Scribus en GSView
Scribus 1.3.3.13svn
Ubuntu Gutsy Gibbon
Pourquoi ne pas exporter directement en PDF?
Les logiciels dédiés à la PAO comme Scribus permettent de créer des PDF de bonne qualité, c’est un fait. Mais leur utilisation devrait être réservée à une publication interne ou sur le web, car, s’agissant de la chaîne graphique et d’impression offset, leur interprétation par un RIP est parfois source d’erreurs. C’est là qu’interviennent des logiciels d’interprétation PostScript comme GSView.
Pourquoi GSView?
Parmi les FLOSS, trois interpréteurs PostScript se dégagent par leur qualité: GhostView, son évolution GV, et GSView. Après test, GSView est celui qui, par son interface, ses fonctions et sa portabilité (Linux, Windows, MacOS) se présente comme le FLOSS le plus indiqué pour remplir cette fonction au sein d’une chaîne graphique.
ÉTAPE 1
Installer GSView
GSView est disponible sur le site de l’université du Wisconsin.
Windows:
Il suffit de télécharger l’exécutable, en ayant au préalable installé la version de GostScript recommandée.
MacOS:
Il vous faut télécharger le fichier compressé en .bin, le décompresser, puis installer l’application, après avoir installé la version de GhostScript correspondante.
Linux:
Un paquet RPM (pour les distributions Red Hat comme Fedora ou Mandriva) est à disposition. Il peut être converti en .deb pour les distributions Debian ou Ubuntu à l’aide du logiciel Alien, grâce à cette ligne de commande: sudo alien -d paquet.rpm
Les sources sont également disponibles pour toutes les distributions, s’il vous prend l’envie de compiler par vous-même.
ÉTAPE 2
Préparer le fichier pour l’impression
Ouvrez votre document dans Scribus. Puisque vous destinez votre document à l’impression, il faudra prévoir un fond perdu d’au moins 3mm (à voir avec votre imprimeur) et, le cas échéant et selon les préférences de votre imprimeur, des traits de coupe. Ceux-ci sont généralement de 5mm. Votre document, pour correspondre à un A4 avec traits de coupe, doit donc faire 226 x 313mm. Prévoyez ces valeurs ou modifiez-les via le menu Fichier > Réglage du document.
Pour créer vos traits de coupe dans Scribus, appuyez-vous sur ce précédent exercice. Une fois le script installé, créez un calque que vous mettrez en arrière-plan, sur lequel vous disposez un cadre sans contour et transparent avec les valeurs suivantes:

Pourquoi agrandir le bloc d’1mm par rapport au document? Le script proposé ci-dessus crée un fond perdu de seulement 2mm entre le document et les traits de coupe. Cette zone d’1mm est donc essentielle pour obtenir un fond perdu final de 3mm. Si vous souhaitez un fond perdu final de 5mm, créez un premier fond perdu de 3mm de la même façon.
Ajoutez à présent vos traits de coupe en appelant le script via la commande Script > Scripts Scribus > Markers. Cette action crée deux traits de coupe par sommet, soit 8 traits au total, tous situés à 3mm de votre document et mesurant chacun 5mm, ainsi que 4 repères de calage (ou hirondelles).

Votre document final prend à présent la totalité de la surface: 226mm de large pour 313mm de haut.
ÉTAPE 3
Préparer votre fichier PostScript
Rendez-vous dans Fichier > Imprimer. Profitez-en pour corriger au besoin les erreurs à l’aide du vérificateur automatique qui s’ouvre, puis accédez à la fenêtre de configuration de l’impression.

Choissiez le mode Fichier dans l’onglet déroulant Destination de l’impression, puis choisissez le chemin de destination de votre fichier. Si vous avez bien sélectionné le mode fichier, l’extension .ps apparaît automatiquement en suffixe de votre nom de fichier.
Dans l’encadré Sélection, choisissez vos pages à imprimer, et le nombre d’exemplaires.
Dans les Options, privilégiez le mode Impression normale (au lieu de Séparation), l’impression en couleurs et un niveau PostScript 3.

Dans l’onglet Autres options, diverses possibilités s’offrent à vous:
- le retrait de sous-couleurs (UCR) est un procédé qui permet de convertir un mélange de noir quadri (p. ex. C 92 M 95 J 88 N 96 soit 371% de taux d’encrage) en un mélange moins dense dans les zones neutres, pour éviter que la superposition physique des encres à l’impression ne donne, au choix, des coulures, des « pâtés » d’engraissement, du relief…
- la conversion des couleurs d’accompagnement en couleurs quadri qui permet, si vous avez une cinquième, une sixième ou Nième couleur en tons directs (souvent: un Pantone), de lui assigner un mélange CMJN, pour éviter des frais d’impression supplémentaires
- l’application de vos profils ICC, indispensable.
Important: lorsque vous prévoyez des traits de coupe comme c’est le cas ici, ne cochez pas S’arrêter aux marges ou vos traits de coupe disparaîtraient, ce qui serait dommageable pour votre résultat final.
Pour finir, exportez.
ÉTAPE 4
Configurer GSView
Ouvrez GSView. Si c’est la première fois, il vous demandera sans doute de choisir la langue par défaut. Si ce n’est pas le cas, rendez-vous dans Options > Langues > Français.

L’unité par défaut est le point. Pour faciliter la gestion de vos fichiers d’impression, passez en millimètres depuis la commande Options > Unités > mm.

Si la mention Options > Enregistrer les options en quittant n’est pas cochée, pensez à cliquer sur Enregistrer les options maintenant, puis à cocher Enregistrer les options en quittant.
Il arrive qu’une erreur de ce type apparaisse à l’ouverture d’un fichier PostScript:

Si vous tombez sur cette erreur, rendez-vous dans Options > Configuration avancée, et considérez la fenêtre qui s’ouvre:

Et, puisque la version par défaut de GhostScript sur Ubuntu est la 8.61, changez les deux premiers paramètres pour les suivants:

ÉTAPE 5
Créer votre PDF avec GSView
Ouvrez votre document .ps depuis Fichier > Ouvrir.

Avertissement: ne faites pas attention au rendu des couleurs, qui ne reflète pas la sortie finale après conversion PDF.
Votre document s’ouvre dans un format proposé par défaut par GSView. Si vous exportez maintenant en PDF, c’est ce que vous voyez à l’écran qui sera converti, tronquant ainsi une bonne partie de votre document. Adaptez votre prévisualisation au format final en passant par Format > Personnalisé. Une première fenêtre apparaît, entrez-y la largeur de votre document, traits de coupe inclus, soit 226mm.

Puis, dans la seconde fenêtre, la hauteur, soit 313mm.

Rendez-vous enfin dans Fichier > Convertir.

Choisissez-y l’action pdfwrite, et une résolution de 300 dpi. Laissez l’option Fixed page size. Cliquez ensuite sur Propriétés. Le niveau de compatbilité PDF par défaut est à 1.2. Vous pouvez le monter à 1.4, et voir avec votre imprimeur pour le monter à 1.5 si vous le pouvez.

Après avoir validé, sélectionnez le chemin d’enregistrement de votre futur document PDF, sans omettre l’extension .pdf pour vous éviter quelques confusions possibles.


Commentaires
18 réponses à “Scribus et GSView – Préparer un fichier PDF pour l’impression”
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Bonjour,
avez vous connaissance d’autres scripts pour les traits de coupe, avec les 2 dont vous parlez j’ai systématiquement le même message d’erreur :
tracebak (most recent call last) :
File « », line 8, in?
File « C:\Program Files\Scribus 1.3.3.9\share\scripts\markers.py », line 1, in? markers.py
que faire ? est-ce un problème dans l’installation des scripts ???
Mortimer
Bon j’ai trouvé un autre scripts qui semble fonctionner lui …
désolé mais je suis complètement perdu … pourquoi le doc doit faire 226 * 313 ? ça fait un A4 + 16mm de chaque côté mais vous dites qu’il faut prévoir 3mm de fonds perdu et 5mm pour les traits de coupe … ça fait 8 pas 16 ??? je ne comprends pas …
Bonsoir,
Pourriez-vous me transmettre un lien vers ce script dont vous parlez?
Concernant les mesures: 226 mm de large impliquent bien 16 mm en plus des 210 du format utile, mais pas de chaque côté. Il s’agit de 16 mm en tout, donc 8 de chaque côté, soit 3 mm pour le bord perdu et 5 pour les traits de coupe.
Faites le test: imprimez ce gabarit sur un A3, découpez en suivant les traits de coupe et mesurez les dimensions du document obtenu
As-tu gardé quelque part ton GSview.deb roulé sous les aiselles, parce que le site en question est en drapeau et que je ne peux récupérer de fichier? (Je suis aussi sur Linuxgraphic)
Merci pour ton boulot.
Aggie
Pas de GSView.deb, désolé
C’est vrai que j’aurais dû penser à en garder un sous le coude. Ca craint si le site est down.
Arg….
Pour la postérité, je laisse le lien vers le RMP qui va bien : http://rpm.pbone.net/index.php3/stat/4/idpl/9692782/com/gsview-4.9-10.1.i386.rpm.html
Un coup de alien, et c’est un .deb facile à installer pour Ubuntu.
Pas encore traité de fichier, mais gsview est correctement installé et fonctionnel sous Ubuntu Intrepid Ibex!
Bravo et merci pour le lien
A y est, j’ai tout fait et tout marche bien comme dans ton tuto.
Avant de lancer la commande, une question : quelle est la différence entre la sortie PDF directe avec Scribus ou la sortie PDF via GSView? (Je sais, je te flingue des années de pédagogie graphique minutieuse et montre sans honte la faiblesse de mes deux neurones qui se touchent!).
Avec ta méthode, même si l’imprimeur ouvre mes fichiers à l’arrache avec Photoshop sous mac même pas calibré, au final, mon impression sera nickel?
En comparant les deux fichiers à l’écran (oui, je sais, ce n’est pas fiable!), j’ai juste l’impression (mmmpfff!) que la sortie via GSView est un chouia plus terne que la sortie directe.
Si tu veux, je te passe mes deux bouzins, pour plus de pédagogie!
Scribus est, grâce à GhostScript, très performant à produire des PDF ready to print, comme Le Tigre, que tu connais comme moi, en est la preuve.
Je dirais que l’intérêt de Moonshiner ou GSView, c’est qu’ils passent par l’étape intermédiaire du postscript, qui reste le format le plus fiable pour assembler des éléments bitmap, vectoriels, et surtout texte, car l’intégration des polices est le premier problème rencontré par les éditeurs internes de PDF, de Scribus à InDesign en passant par XPress.
L’idéal est de tester avec ton imprimeur un même fichier en PDF Scribus et un fichier en PDF converti depuis un .ps. Et j’irais même plus loin, car les postscripts sont aussi soumis à bugs, c’est de tester ton RIP imprimante mais aussi le RIP AdobePDF (imprimante virtuelle), installé en même temps qu’Acrobat, et qui reste le plus performant à ce jour. Tu verras ce qui passe le mieux chez lui
Et bien. Vous en avez du courage et surtout du temps a perdre… Vous n’êtes pas des pros j’espere ? parce qu’en plus d’être un chouillat longuet à faire, les pdf ainsi généré, postcript 3 et j’en passes sur le choix d’une compatibilité 1.4 ou la gestion colo… Sont les pires pdf qu’un imprimeurs souhaite flasher et/ou imprimer… Le libre c’est sympa mais cela ne doit pas pousser la médiocrité non plus…
Quand au « Tigre » si c’est la version Apple il n’a jamais produit des bons pdf pour le print non plus…
Moi je me souviens d’un temps pas si lointain où les imprimeurs dégueulaient sur InDesign, affichant leur mépris (justifié mais néanmoins déplacé, même à l’époque) pour la version 1.5, leur arrogance absurde face aux nouveautés de la 2.0 (oui, on s’est moqué de moi à l’époque), et qui finalement se sont tous lâchés comme des grosses bêtes sur la CS. Je parle pas des autodafés qui sont aujourd’hui lancés sur ce malheureux XPress. Comme quoi, il ne faut pas être trop hâtif à tirer des conclusions bizarres.
Or donc, pour un logiciel né en 2003, qui ne bénéficie pas du support technique, humain et surtout financier d’une multinationale comme Adobe, mais de la bonne volonté de ses contributeurs et de l’argent de ses donateurs, moi je trouve que Scribus est un excellent logiciel.
En outre, la première fois que j’ai utilisé GhostScript (sans le savoir à l’époque), c’était en stage chez un sérigraphe qui faisait aussi de l’impression haute def, et auxquels faisaient appel des clients prestigieux.
Et pour répondre à ta question: oui, je suis un pro. Et même si je ne remplace pas encore InDesign par Scribus car il manque encore de fonctions typo indispensables, j’ai testé à plusieurs reprises GSView à la place de Distiller chez deux imprimeurs différents, et pour des supports différents. Etant responsable de la publication d’un magazine quadri édité à minimum 15000 exemplaires, je n’aurais pas pris de risques inutiles.
Et comme tu t’en doutes, tout s’est *bien* passé.
Pour la médiocrité, j’en ai autant à dire des imprimeurs qui savent pas faire sécher leurs encres correctement ou qui t’imposent un profil qui ne limite pas le TAC, et te demandent de le faire a la mano dans Photoshop. Le dernier en date m’a retourné un flightcheck qui me bassinait sur un noir riche confondu avec le repérage alors que, vois-tu, je n’avais pourtant utilisé que le duo gagnant InDesign – Distiller.
Des mauvais y en a partout: les réduire à la qualité de leur soft/hardware est totalement ridicule, et ne fait pas avancer les choses.
A noter que le niveau 3 du PostScript et la compatibilité 1.4 m’ont été tous deux recommandés par mon imprimeur actuel. Y a toujours plusieurs écoles, selon le matos… et les compétences.
« A noter que le niveau 3 du PostScript et la compatibilité 1.4 m’ont été tous deux recommandés par mon imprimeur actuel. Y a toujours plusieurs écoles, selon le matos… et les compétences. »
certes, tu bosses donc qu’avec UN imprimeur alors ?
Perso, selon les travaux, je travaille avec des imprimeurs acceptant mon flux rvb InRip et des pdf aux normes 1.6 et même 1.7, sans compter que je bosse beaucoup pour « l’industrie du luxe » en trame aléatoire pour de l’impression en l’hexachromie… mais tous n’ont pas les moyens (car pas les budgets) de se payer constamment les mises a jours des RIP qui coûtent tu t’en doute plus cher que 4 ou 5 suites CS…
Alors à malin (Adobe) malin et demi (les graphistes consciencieux) de donner du 1.3 cela passe partout et évite surtout de fortes mauvaises surprises…
En ce qui concerne les autodafés ils sont absurdes par définition.
Il est bon d’avoir plusieurs écoles…
D’ailleurs je connais plusieurs graphistes, studios et agences de comm et de presse qui sont revenus à Quark xpress… Comme quoi…
Comme je l’ai écrit, il s’agit de mon imprimeur actuel. Le précédent me recommandait 1.3.
En revanche, je n’ai jamais utilisé au-delà du 1.4 car effectivement rares sont les imprimeurs qui ont les moyens de s’offrir les machines et formations qui vont avec les normes les plus récentes.
Et par défi, je viens de retourner une affiche à mon imprimeur en distillant le .ps InDesign avec GSView en lui demandant de faire un preflight complet, c’est passé nickel. Au lieu d’un double-clic sur le .ps pour ouvrir Distiller, j’ai juste pris 2 mn le temps de réviser le format, mais je n’ai même pas eu à toucher mes préréglages. Finalement, c’est pas si long
Si les autodafés te paraissent ridicules, ne tire pas trop rapidement un trait sur les solutions libres. L’expérience de professionnels est indispensable pour faire bouger les choses, même si c’est ponctuel et critique (sans être réducteur hein :-p ). Scribus est jeune, et la version 1.3.5 risque d’être alléchante, même professionnellement.
Si Scribus/GSView te rebutent encore, tente plutôt en amont des logiciels comme Gimp ou Inkscape, y a moins de risques. OSP est la preuve que le graphisme libre est techniquement et créativement d’avenir.
Disons qu’en tant que pro, les solutions Indesign ou xpres (si, si) font partie de mon quotidien « confortable » au même titre que mes écran CG Eizo par exemple, et comme l’achat de ces outils passe en frais je ne vois pas pourquoi je m’en priverai… mais je ne veux en aucun cas tirer sur les logiciels libres que je repecte… mais disons qu’au niveau production cela me freinerai un peu je penses..
mais juré, à la retraite je m’y mets
quand a ton lien il n’est pas sans me rappeller une bande de joyeux allemand un peu allumés, créateurs entre autre de sript(ographer) gratuit pour illustrator d’ailleurs
Je connais Scriptographer, effectivement, qui est un plug-in vraiment intéressant (objet d’un article dans é: y a deux ans si je ne m’abuse).
Les F/LOSS sont loin d’intégrer efficacemment la chaîne graphique, notamment à des techniques avancées comme l’hexa.
Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, mais les actions routinières sont vraiment réalisables et les progrès sont fulgurants.
Et à parler du vectoriel, ne perds pas de vue Inkscape, qui – sans vouloir être le moins du monde chauvin – proposera bientôt – et pour certaines propose déjà – des fonctions plus abouties qu’Illustrator, du moins en illustration. Les fonctions de recouvrement sont à la ramasse en revanche.
Au plaisir de te revoir dans le coin
Pour scriptographer je parlais de que ces gars font à coté..
le projet Hektor il me semble.. Et désolé ce ne sont pas des Allemands mais des Suisses
A bientot
Oui, c’est vrai, le tag automatisé!
Dans le même article, il y avait un passage sur un gars qui a programmé un rouleau de peinture pour reproduire sur mur ce qu’il a sur écran, avec un gros effet de seuil évidemment.
Par contre, impossible de me rappeler son nom ou son projet.